Prendre l’initiative.

initative

Que ce soit dans notre voisinage, dans les boutiques où nous allons, les cours que nous suivons, les groupes auxquels nous sommes affiliés, ou même dans le cadre de notre travail, nous voyons un grand nombre de personnes assez régulièrement. Suffisamment pour les reconnaître, mais nous ne leur parlons pas. Nous ne leur avons pas été présentés, ou bien nous n’avons pas de raison particulière d’engager la conversation avec eux. Donc, nous ne le faisons pas. Un signe de tête, un sourire ou même un « bonjour ! » mais cela ne va pas plus loin. La personne, homme ou femme, qui décide de prendre l’initiative du contact étend énormément son champ d’action. Peut-être n’avez-vous rien en commun avec celui-ci. Il peut s’agir d’une relation d’affaires ou d’une rencontre banale. Vous pouvez parler à cette personne une seule fois et apprendre ou entendre quelque chose que vous aviez besoin d’entendre à ce moment précis. Et vous pouvez aussi rencontrer « celui que vous attendez »… Cela paraît un peu ridicule, mais cela fonctionne souvent selon « la loi des grands nombres : plus vous rencontrez d’hommes, plus vous avez de rendez-vous et plus vous avez de chances de trouver celui avec lequel l’étincelle jaillira ». La femme qui reste chez-elle, près du téléphone, peut attendre longtemps. Si vous prenez l’initiative, cela vous place dans une position plus active, plus forte. Cela vous fait sortir de la position passive où vous attendez qu’on vienne vers vous ou que des hommes qui peuvent ne pas vous intéresser du tout vous demandent de sortir avec eux. Que vous fassiez le premier pas en vous présentant et en engageant la conversation avec quelqu’un, ou que vous preniez un risque plus grand en invitant un homme à prendre un café avec vous, ou un déjeuner, que vous lui proposiez d’aller au cinéma ou de visiter un musée, vous assumez alors la responsabilité de votre propre expérience, vous agissez. Quelle est la réaction des hommes ? Presque toujours, ils aiment ça. Les hommes détestent avoir toujours à faire le premier pas et risquer d’essuyer un refus. Lorsqu’une femme va vers eux, cela les flatte et en même temps les soulage. De plus, si les hommes agressifs ou les coureurs n’ont aucun problème pour draguer des hommes que vous auriez sans doute préféré ne pas rencontrer ! — quand on en vient aux nombreux hommes valables mais réservés ou timides, vous n’aurez aucune chance de faire leur connaissance si vous ne prenez pas l’initiative. Évelyne est une femme qui agit. Elle est mariée avec Jean-Marc depuis six ans. Ils ont tous les deux à peu près quarante-cinq ans et n’ont pas d’enfant. « Si j’avais pu penser que nous rentrerions à la maison tous les soirs après notre travail, pour dîner et simplement s’asseoir devant la télévision, je ne serais probablement jamais allée à notre second rendez-vous! Notre vie est tellement ennuyeuse ! Jean-Marc prend du ventre et commence à prolonger son travail le soir tard à son bureau. Moi, je me contente de soupirer en marchant de long en large. C’est un homme bien et je l’aime, mais je ne sais pas quoi faire. » Le mariage d’Évelyne et de Jean-Marc atteint une phase critique. Elle s’ennuie et envie les autres couples, et même les femmes seules, qui ont une existence mieux remplie. Elle a l’impression que Jean-Marc est devenu vieux avant l’âge. Il n’a plus rien de l’homme vivant et aventureux qui l’emmenait dans les clubs de jazz à minuit ou la conduisait pour le week-end dans des endroits bizarres, inconnus, en montagne. Le problème, c’est que, dans leur mariage, Évelyne a attendu passivement que Jean-Marc continue à alimenter l’excitation comme il l’avait fait quand il lui faisait la cour au début de leur relation, puis pendant les premières années de mariage. Elle espérait qu’il aurait des idées sur ce qu’ils pouvaient faire, qu’il l’emmènerait dans des endroits particuliers et qu’il se chargerait de prendre des billets pour des spectacles intéressants. En fait, Jean-Marc fit un effort pour proposer des activités, mais, au fur et à mesure des années, il a été découragé par l’attitude d’Évelyne qui devenait de plus en plus difficile à satisfaire. Et il en était venu à réagir en se disant : « A quoi bon se donner du mal ? » Au cours d’un déjeuner avec une vieille amie dont Évelyne enviait le mariage, elle se plaignit une fois de plus de son ennui. « Jo et toi, vous êtes toujours en train de suivre un cours ou d’aller passer le week-end à la campagne ou de participer à des activités avec d’autres amis : si seulement Jean-Marc avait ne serait-ce qu’une idée comme ça, même si Jo, lui, en a des dizaines ! — Tu penses que c’est mon mari qui propose tout ça? » lui demanda son amie, stupéfaite. Évelyne prit alors la décision de se comporter d’une façon plus positive, plus affectueuse et aimante vis-à-vis de Jean-Marc. Au début, il ne réagit guère, mais elle persévéra, sachant que leur mariage n’allait pas changer en une nuit. Elle décida aussi d’être moins passive et de ne plus vouloir que Jean-Marc soit son chevalier à l’armure étincelante. Elle s’arrangea pour qu’ils aillent dîner à l’occasion avec d’autres couples et écouter un concert de jazz dans un club qui venait de s’ouvrir dans le voisinage. Des sentiments d’affection se réveillèrent en eux. Ils recommencèrent à se parler et elle lui dit à quel point cela l’avait rendue triste qu’ils s’éloignent l’un de l’autre et qu’elle était décidée à renverser la situation. Lorsque Évelyne commença à prendre l’initiative et à proposer des activités qu’ils pourraient avoir ensemble, elle fut ravie de découvrir que Jean-Marc en était heureux. Sa réaction : il se sentit soulagé, on lui enlevait un fardeau, il n’était plus celui dont on attendait automatiquement qu’il organise tout. Cette dynamique nouvelle et équitable fit énormément pour réduire leur ressentiment mutuel. « Jout cela nous a rapprochés de nouveau, dit Jean-Marc, et agit comme quelque chose de magique sur notre vie sexuelle. J’ai cru que tout était fini, que je devenais un vieil homme ; mais, telles que les choses se présentent maintenant, on a peut-être raison de dire que la vie commence à quarante ans. Je reconnais tout ce qu’a fait Evelyne pour retourner la situation. »