Découvrir ce qui véritablement attire les hommes.

attirance

Nous avons parlé de l’apparence physique de Nikki parce que nous avons pensé que son cas illustre parfaitement notre point de vue, à savoir que l’attitude, la personnalité et le comportement d’une femme et les réactions émotionnelles que tous ces facteurs déclenchent chez un homme sont la cause déterminante de l’attirance qu’il éprouve et qui vont l’amener à se lier à elle — bien plus que ses attraits physiques —, même si un homme semble séduit par un type de femme particulier. C’est l’amitié chaleureuse et simple qui existe entre Paul et Nikki qui fonde son amour pour elle et son désir de l’épouser. Geneviève, elle aussi, est l’amie de Georges. Aujourd’hui, il considère qu’elle est une compagne affectueuse, en qui il peut avoir confiance. Mais, s’il pense cela aujourd’hui, ses sentiments au départ étaient à l’opposé. « Quand je suis venu vers vous et vos amies et que j’ai entendu ce que vous disiez des hommes — nous étions tous des pauvres types idiots et nullards —, j’ai su que nous n’arriverions pas à former un couple. J’ai besoin d’une femme qui soit une amie : manifestement, nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre. » Georges se trouvait dans une autre pièce avant de venir dans la cuisine et d’entendre Geneviève et ses amies « démolir » les hommes. Lorsqu’il dit à Geneviève en la raccompagnant chez elle qu’il voulait rompre et pourquoi, elle essaya de prendre ça à la légère. « Allons, c’était une façon de parler. De toute manière, je ne suis pas ton meilleur copain, je suis ta maîtresse. » A sa grande surprise, cette remarque mit Georges en colère. « C’est exactement ça, Geneviève ! Et je suis fatigué de tout ce fatras romantique que tu m’imposes. Garde tes déshabillés et ton champagne pour un type assez arriéré pour en faire sa nourriture quotidienne ! » Enragée par ces mots, Geneviève se précipita hors de la voiture et claqua la porte au moment où il se garait devant son immeuble. « Et j’espère que tu trouveras l’imbécile qui te rendra heureuse ! Dommage que tu ne puisses pas épouser Hemingway. » Geneviève, trente-cinq ans, travaillait pour une société de recrutement. Elle était extrêmement compétitive sur le plan professionnel. Pour aller travailler, elle portait des vêtements très classiques et était l’image même de la professionnelle consommée. Elle était décidée à surpasser les hommes dans un domaine où ils occupaient les premières places. En dehors de son milieu professionnel, elle était totalement différente. Elle échangeait ses habits de femme d’affaires pour des robes moulantes et des hauts talons. Elle n’était plus la femme « battante », mais devenait une femme, une créature provocante et séduisante. Elle était fière de pouvoir attirer pratiquement tous les hommes qu’elle désirait. Mais, en même temps, elle les méprisait de mordre à l’hameçon. « Les hommes sont si simples : mettez une minijupe et vous les verrez tous courir. » Elle était également consciente du fait qu’au début ils étaient attirés par son côté sexuel, mais que ses relations amoureuses duraient rarement au-delà de quelques mois. Spécialiste des liaisons multiples mais brèves, en général avec des types excitants mais totalement irresponsables, elle avait la conviction que les hommes et les femmes étaient essentiellement ennemis dans une guerre qu’elle était décidée à gagner. Ses amies et elle parlaient pendant des heures, durant le week-end, des derniers détails de leurs liaisons en se moquant. C’est une conversation de ce genre que Georges avait surprise. Elle avait fait sa connaissance au cours d’une soirée, lui avait demandé son numéro de téléphone et l’avait appelé la semaine suivante. Ils s’étaient vus pendant deux mois, surtout pour aller au cinéma, à des vernissages ou pour dîner dans des restaurants chics dont elle était une habituée. Plusieurs fois, il lui avait demandé d’aller faire des promenades dans la campagne, de l’accompagner à un match de football ou pour une partie de pêche. « Je veux te montrer ce lac merveilleux que j’ai découvert dans un coin retiré de montagne — c’est tellement paisible quand on est là-bas. » Il lui avait proposé ce genre de chose plus d’une fois. Elle avait toujours refusé de partager ce genre d’activité; elle l’embrassait en lui disant : « C’est pour les hommes, emmène donc un de tes copains. » Après leur dispute, elle s’était précipitée sur le téléphone pour appeler une de ses amies et lui dire ce qui s’était passé. Elle eut un choc en entendant son amie lui dire : « Mon Dieu, Geneviève ! Il était tellement sympathique ! Je ne t’ai jamais vue avec un homme aussi bien, tu aurais pu l’épouser ! » Pendant les jours suivants, Geneviève se surprit en train de pleurer en voiture alors qu’elle se rendait à ses rendez-vous professionnels ou en revenait. Les remarques de Georges et celles de son amie l’obsédaient. Pour la première fois depuis des années, elle reconnut en elle-même qu’elle désirait avoir une relation sérieuse avec un homme, et même se marier. Elle appela Georges et lui demanda s’il voulait bien la rencontrer dans un café le soir même. Ils parlèrent pendant des heures, très honnêtement, comme des amis. Geneviève se rendit compte qu’elle se sentait merveilleusement à l’aise et détendue en étant elle- même, avec Georges. Au moment où ils s’apprêtaient à partir, elle lui dit : « Si j’achète les billets, est-ce que tu m’emmèneras à une course automobile ? » Geneviève découvre qu’elle prend vraiment plaisir à ces activités qu’elle dédaignait auparavant. Elle a été effrayée et marquée par toutes les relations qu’elle a eues et qui se sont mal terminées, mais cette peur profonde cède peu à peu la place à un sentiment de confiance et de respect pour Georges. Lentement, elle lui révèle davantage d’elle. De son côté, Georges devient plus libre et plus ouvert avec elle. Avant, il avait éprouvé un léger ressentiment à son égard, en pensant qu’elle le considérait comme un chevalier servant séduisant. Il n’était pas particulièrement attiré par la vie nocturne ou le romantisme excessif et, pour cette raison, n’avait pas tenu à la voir plus d’une ou deux fois par semaine. Lorsqu’ils commencèrent à partager un plus grand nombre d’activités, Georges sentit qu’il pouvait être davantage lui-même avec Geneviève et voulut alors lui consacrer de plus en plus de temps.