COMMENT LES HOMMES RÉAGISSENT À L’AMITIÉ

amitie

Les hommes et les femmes ont des comportements totalement différents avec leurs amis. Les amitiés féminines se caractérisent par une affection physique et des manifestations émotionnelles. Les liens entre hommes sont plus indirects. Les femmes se téléphonent juste pour parler; les hommes s’appellent pour planifier des activités. Les femmes ont des conversations intimes ; les hommes habituellement échangent plutôt des informations banales. Et pourtant, ce n’est pas parce que les conversations des hommes entre eux semblent porter uniquement sur des sujets aussi stéréotypés que la belote, le football ou la pêche, qu’aucun .échange significatif n’a lieu. Les hommes communiquent entre eux dans une langue qui peut sembler indirect aux femmes, mais qui n’en est pas moins claire pour d’autres hommes et comprise d’eux. Les hommes discutent de leurs préoccupations, de leurs rêves, ou même de leurs appréhensions, à mots couverts ; ils racontent que le jeu s’est bien déroulé ou philosophent sur des considérations annexes. Leur désir d’accéder au partage et à l’intimité est là et ils l’expriment, bien qu’ils le cachent d’une certaine manière derrière des plaisanteries ou même une apparente compétition. Indépendamment du nombre d’amis masculins qu’il peut avoir, tout homme, même s’il le garde très secret, veut une épouse qui soit aussi sa meilleure amie. Sans cela, il éprouve un sentiment de solitude qui, bien que familier, entraîne une souffrance réelle. En dépit du lien d’homme à homme qui en partie leur sert à communiquer leurs sentiments profonds, il en existe beaucoup qui ne partagent pas du tout cette sorte d’intimité, et qui n’ont pas davantage d’autres amis proches, pas même des femmes. C’est triste, mais les études faites sur ce sujet montrent que la majorité des hommes n’ont pas d’ami proche ni, a fortiori, de meilleur ami. Lorsqu’ils ont des problèmes, et c’est caractéristique, ils ne se précipitent pas pour demander l’aide de leurs amis hommes, comme le font les femmes avec leurs amies. En tant que thérapeutes, nous voyons souvent un homme qui a des difficultés dans son mariage ou qui a peur d’échouer dans son travail n’avoir personne d’autre à qui parler que nous. Vous en avez sans aucun doute connu qui ont attendu la dernière minute pour dire à un copain que son mariage s’effondrait, alors que les amis de leur femme le savaient depuis longtemps. A cause de leurs inhibitions et de leur peur de paraître faibles, beaucoup d’hommes ne trouvent pas suffisant le lien entre hommes. Ils veulent une relation plus intime et plus confiante qui leur permette de s’ouvrir sans aucune censure. C’est ce qu’ils cherchent chez les femmes. Ils désirent une amitié avec leurs compagnes, ils en ont besoin, encore plus que les femmes. Étant donné qu’ils restent sur la réserve avec les autres hommes, ils ont extraordinairement soif d’autre chose. Pour les divorcés ou les veufs, la solitude peut être atroce, c’est pourquoi les hommes se remarient souvent aussi vite que possible. Ils désirent retrouver l’amitié qu’ils ont perdue. Face à la véritable amitié, les hommes réagissent avec gratitude et loyauté. Ils se sentent plus proches, moins seuls, plus confiants ; ils ont le sentiment d’avoir quelqu’un à leur côté, un compagnon pour la vie qui en partage les aléas. Une femme qui comprend cela peut devenir l’âme sœur d’un homme. Le copain Paul, trente ans, n’avait eu qu’une seule relation amoureuse relativement longue ; elle avait duré un an. Depuis lors, il était sorti avec un certain nombre de femmes de manière occasionnelle. Il déclarait se sentir prêt pour le mariage et vouloir des enfants, mais il ne choisissait les femmes qu’en fonction de leur apparence physique. Son goût allait vers les femmes grandes, minces, superbes qu’il cessait immanquablement d’appeler après quelques rendez-vous, car il les trouvait égocentriques ou peu intéressantes. Un jour, en séance de thérapie, il déclare : « J’ai trouvé la femme que je veux épouser, si elle veut de moi. » Et, au lieu de décrire, comme il le faisait d’habitude, ses jambes, ses cheveux, de s’extasier sur sa beauté et son pouvoir de séduction, il dit : « Elle me donne l’impression d’avoir enfin trouvé mon meilleur ami ! » Nikki et Paul s’étaient rencontrés à l’occasion d’un rallye cycliste organisé par un magazine spécialisé. Pendant qu’ils grimpaient, l’un à côté de l’autre, une côte escarpée, ils échangèrent des plaisanteries sur la pente un peu dure et commencèrent à parler. Lors du déjeuner, ils s’assirent à la même table. « Quoi que je dise, Nikki enchaînait immédiatement : nous avons parlé bicyclette, des balades que nous avions faites, des endroits où nous voulions aller en vacances ; nous avons même trouvé des livres que nous avions tous les deux lus et étions d’accord sur ce qui nous avait plu ou déplu dans ces ouvrages. L’après-midi suivant, elle m’emmena à un festival de musique en plein air. C’est simple d’être avec elle. Nous passons notre temps ensemble, comme des copains. » Sept mois plus tard, Paul et Nikki eurent une relation intime. Il nous a fait part de deux ou trois problèmes qui se posaient : il n’apprécie pas particulièrement la fille avec laquelle elle habite ; de son côté, elle lui a demandé d’être un peu plus sérieux et de l’appeler lorsqu’il disait qu’il le ferait — ce qu’il fait maintenant ; mais il espère qu’ils continueront à devenir encore plus proches l’un de l’autre et finalement qu’ils se marieront. Paul a trouvé en Nikki un copain, un camarade, une femme qui prend plaisir aux activités qu’il aime et qui peut être une amie sans qu’il existe entre eux des conflits ou des rapports de forces. Comme Paul avait pour habitude de choisir des femmes grandes, minces et jolies, nous lui avons demandé à quoi ressemblait Nikki. Il sortit alors une photo d’elle prise pendant un de leurs week-ends en montagne. Elle a un visage amical, ouvert, elle est attirante mais pas jolie au sens classique du mot. Elle mesure 1,60 m, elle a des jambes courtes et musclées. C’est tout l’opposé de 1’ « archétype » habituel.