Assumer la responsabilité du changement.

responsabilité du changement

Toute amitié, tout mariage a besoin, constamment, d’évoluer. Comme le dit Woody Allen à Diane Keaton dans le film Annie Hall : « Une relation, c’est comme un requin : “ ou ça bouge, ou ça meurt ”. » Chaque individu impliqué a sa part de responsabilité, doit investir l’énergie nécessaire pour la garder active, vivante, évolutive. Tous deux doivent participer à de nouvelles expériences qui engendrent un partage de sentiments, donnent lieu à des échanges ; ensemble, ils doivent faire des projets qui les feront rêver. Ceci est surtout vrai des couples sans enfants ou dont les enfants sont grands ; car, alors, ils n’ont pas ce domaine d’action en partage. Si chacun disait la vérité, la plupart d’entre nous aimeraient que certaines choses dans nos vies et dans nos relations amoureuses changent. Beaucoup trop fréquemment, nous en faisons porter la faute à nos compagnons — quand ces changements ne se produisent pas. Ils n’ont pas besoin de nos suggestions, n’entendent pas nos récriminations, nos requêtes ne les touchent pas, ils ne lisent même pas dans nos pensées ! Pour qu’il y ait changement, nous devons cesser de demander à nos compagnons d’en être les auteurs et commencer à assumer nos responsabilités et prendre les choses en main. Fondamentalement, c’est à la personne qui désire le changement qu’incombe l’initiative. Ce n’est pas seulement exaspérant, mais aussi tout à fait inutile d’attendre que quelqu’un d’autre améliore notre vie. Lorsque nous sommes en état d’attente, nous nous sentons passifs et, pire encore, à la merci de la sensibilité ou de la générosité de notre partenaire. Lorsque nous devenons responsables, nous n’attendons plus, nous ne sommes pas passifs et, au lieu de nous prendre pour des victimes du destin, nous faisons bouger les choses dans la direction que nous avons choisie. Certaines personnes éprouvent de la réticence à opter pour cette voie efficace vers le changement à cause de leur orgueil — ou, pour être plus précis, de leur faux orgueil. « S’il ne prend pas l’initiative, n’y pense pas de lui-même, ou ne fait rien sans que je l’y pousse, ça n’ira pas. Une expérience n’est valable que s’il la désire : demander détruit tout ! » Ces pensées ne viennent pas de l’amour. Il y a parfois plus d’amour dans l’effort que vous accomplissez, vous, pour « bouger » que lorsque votre partenaire le fait par simple habitude. Lorsque notre compagnon réagit et s’adapte à une chose nouvelle que nous proposons, c’est une preuve d’amour, car alors il (ou elle) fait quelque chose qui ne lui est pas spontané. Mieux vaut agir qu’attendre. Lorsque nous agissons, nous éprouvons automatiquement moins de ressentiment et augmentons nos chances d’enrichir nos vies au mieux de nos intérêts.

La financière aimante

« La première fois que j’ai rencontré Julien, j’ai senti que cela le mettait quelque peu mal à l’aise de sortir avec une femme d’affaires, se rappelle Jeanine, qui “ vend ” de la publicité. Tous ses amis font partie du monde artistique : écrivains, poètes et artistes au sens propre. Il me téléphonait six fois par jour, mais je savais qu’il doutait que nous puissions être un couple, et j’en doutais également. Je ne voulais en aucun cas être la partenaire mûre, efficace, qui, dans la relation, lui aurait permis d’être le créateur fou. Dès le départ, je lui dis qu’il devait exister entre nous un sain équilibre, que nous devions tous deux être à la fois des adultes responsables et des personnes créatives. » Jeanine, trente-six ans, rencontra Julien, trente-quatre ans, auteur théâtral et journaliste indépendant, deux ans après la rupture de son mariage qui avait duré huit ans. Après son divorce, Jeanine s’était installée dans une autre ville. Elle s’était inscrite à des cours du soir en cinéma, technique d’écriture et théâtre. Elle rencontra Michel à l’occasion de son premier travail publicitaire bénévole pour une pièce dont il était l’auteur. « C’est un écrivain incroyablement doué et un homme extrêmement chaleureux et généreux, dit Jeanine. Au début, j’étais intimidée par ses amis et je pense qu’il se demandait comment je pourrais m’intégrer et si je n’étais pas trop “ rigide ” ; mais nous avons réussi. J’aime les idées et la passion qui animent le monde de . l’art et du théâtre dans lequel il m’a fait rentrer. Bien sûr, il y a là quelques snobs prétentieux, mais vous les trouvez partout et je suis capable de défendre mes idées. De son côté, il a appris à apprécier le monde des affaires et “ l’art ” qui existe dans ce que je fais. Il a même eu un petit succès avec une pièce qui traitait de la vente et dont le personnage principal me représentait. « Au début, l’argent fut un problème épineux. J’avais un salaire élevé et il vivait dans un atelier dont le loyer était très bas. Ses revenus provenaient d’articles destinés à des revues qui couvraient juste son loyer et lui permettaient d’écrire ses pièces. Il avait refusé d’aller dans des restaurants chers même lorsque je l’invitais, car il ne pouvait pas me le rendre. « Ce n’est qu’après nous être vus énormément pendant quelques mois, être tombés vraiment amoureux l’un de l’autre et avoir commencé à nous faire confiance à un niveau profond que nous fûmes enfin capables de parler d’avenir et de la manière dont nous réglerions les problèmes matériels lorsque nous vivrions ensemble. Je lui dis que j’aimais mon travail et l’argent qu’il me rapportait et qu’en même temps je croyais à son talent d’écrivain et ne voulais pas qu’il devienne un agent de change ou un gros bonnet, juste pour qu’il gagne lui aussi beaucoup d’argent : j’avais déjà eu un mariage marqué par la compétition et l’argent. Mais je ne voulais pas non plus vivre une vie de bohème, sans sécurité matérielle. « Après de longues discussions, nous avons décidé de nous marier. Nous avons mis nos revenus en commun et avons assez d’argent pour mener une existence confortable, .sans plus. Je m’occupe des factures et des finances, et c’est moi qui ai conclu l’achat de notre maison, parce que je me débrouille bien dans toutes ces questions et que j’aime bien m’en occuper. Il cuisine et fait les courses plus souvent que moi, mais il est content : de toute façon, il n’écrit que le matin. Maintenant je voudrais un enfant et nous sommes tous deux très excités par ce projet. Je continuerai à travailler et il sera encore davantage un “ homme à la maison ”. » « Certaines penseront que, dans notre mariage, les rôles sont inversés, dit Julien. Jeanine gagne cinq fois plus d’argent que moi, mais tous deux nous travaillons très dur et faisons ce que nous aimons faire. Elle croit en moi en tant qu’écrivain et cela m’aide, naturellement, à continuer ; après avoir eu de nombreuses relations passionnées avec des femmes qui étaient aussi folles que je l’étais, je suis extrêmement heureux de m’être marié avec une femme saine et équilibrée, qui m’aime et me soutient autant. Nous nous complétons très bien. Beaucoup d’écrivains brûlent la chandelle par les deux bouts et ne peuvent se permettre de fonder une famille. Ma vie aurait pu être très solitaire et instable, mais Jeanine nous permet d’envisager d’avoir des enfants : j’ai eu beaucoup de chance de la trouver. »